1912 Sport et art, l’expérience abandonnée
De 1912 à 1948, les Jeux olympiques ont décerné des médailles d’art dans cinq domaines. Le Comité international olympique (CIO) a mis fin à ces concours en 1949. Les Olymp’Arts en tirent une leçon : l’art a besoin de sa propre olympiade, à un autre moment que le sport.
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De 1894 à 1948 : le rêve de Coubertin, sept tentatives
En 1894, Pierre de Coubertin fonde le Comité international olympique et fait renaître les Jeux olympiques ; il rêvait d’y associer l’art, mais il ignorait l’initiative des Grecs anciens qui avaient créé les olympiades des arts en 566 avant J.-C. En effet, le livre de l’historien Nicolaos Yalouris, qui révélait cette initiative, n’est paru à New York qu’en 1979.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la première olympiade des arts moderne en 2027 sera célébrée en Hommage à Pierre de Coubertin, dont le rêve sera enfin réalisé.
En raison de cette ignorance, sept tentatives ont eu lieu entre 1912 et 1948.
Toutes ont échoué, pour les raisons évoquées plus loin.
1949 : le CIO met fin aux concours d’art
Finalement, sur un rapport présenté à Rome en 1949, le CIO supprimera les concours d’art, dont l’une des raisons évoquées fut la contradiction avec l’esprit d’amateur propre à l’olympisme, étant donné que les artistes présentés étaient des artistes célèbres.
Depuis 1956 : des programmes culturels, sans compétition
Les concours sont remplacés par des expositions, puis, depuis 1956, par des manifestations culturelles organisées librement par chaque pays hôte. Aucune médaille n’y est décernée.
Pourquoi le sport et l’art ne se jugent pas ensemble
Pour Marc Verrière, quatre raisons rendent les deux domaines incompatibles dans une même olympiade.
Le sport se mesure, l’art se ressent. Un chrono ou un score départage les athlètes ; une œuvre est jugée sur l’harmonie et l’émotion qu’elle produit.
L’art est un domaine subjectif qui fait appel à la créativité de l’esprit, et peut réunir dans une même olympiade les artistes en situation de handicap, alors que le sport, objectif, mesure les performances du corps dans une discrimination inévitable.
Les Olymp’Arts veulent révéler des artistes de talent encore inconnus, qui n’ont pas les moyens de se faire connaître.
Les performances artistiques organisées à l’occasion des jeux sportifs sont choisies arbitrairement pour faire la promotion du pays hôte.
1994 : l’avis de Nelson Paillou
Dans sa lettre du 6 avril 1994, le Président Nelson Paillou approuve cette séparation des domaines artistique et sportif en raison des échecs passés qui ont prouvé cette incompatibilité.
D’où le calendrier décalé des Olymp’Arts
L’art et le sport ne pouvant se réunir dans une même olympiade, le fondateur a légitimé son initiative par le respect du calendrier décalé voulu dans la Grèce antique.
Sources
- Comité international olympique, « Look to the past: When Olympic medals were awarded for architecture, music and literature », olympics.com, 22 octobre 2021 (en anglais) (site externe, nouvel onglet).
- Nicolaos Yalouris (dir.), The Eternal Olympics: The Art and History of Sport, Caratzas Brothers, 1979 (voir la page 566 av. J.-C.).
- Richard Stanton, The Forgotten Olympic Art Competitions, Trafford, 2000.
- Lettre de Nelson Paillou à Marc Verrière, 6 avril 1994, archives Marc Verrière.