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1995 La Charte des Arts Olympiques signée à l’UNESCO

Les 10 et 11 juillet 1995, à l’UNESCO, à Paris, des personnalités du monde culturel de 65 pays ont signé la première Charte des Arts Olympiques modernes, à l’initiative de Marc Verrière. Un an plus tôt, Nelson Paillou, Président du Congrès du Centenaire du Comité International Olympique - Paris 1994, lui avait écrit : « j’adhère complètement à votre charte ».

Les 10 et 11 juillet 1995 à l’UNESCO

Une centaine de personnes posent en rangs dans une salle de l’UNESCO, sous une banderole « Les Arts Olympiques – The Olympic Arts ». (agrandir l’image, nouvel onglet)
Les signataires de la Charte à l’UNESCO, le 11 juillet 1995. Archives Marc Verrière.

Les 10 et 11 juillet 1995, des personnalités du monde culturel se réunissent à l’UNESCO, à Paris, à l’invitation de Marc Verrière. Elles signent la première Charte des Arts Olympiques : les Arts Olympiques modernes sont officiellement créés. Six pays qui n’ont pu se déplacer approuvent la Charte par écrit.

Une signataire signe la Charte à la table officielle, entourée de délégués debout. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Séance de signature, UNESCO, juillet 1995.
Un signataire en polo rayé signe la Charte sous le regard de plusieurs délégués. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Séance de signature, UNESCO, juillet 1995.
Une signataire signe la Charte au milieu d’un groupe de délégués. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Séance de signature, UNESCO, juillet 1995.
Marc Verrière, écouteur à l’oreille, à la table officielle derrière son chevalet nominatif. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Séance de signature, UNESCO, juillet 1995.
Une signataire en écharpe rouge signe la Charte ; un homme debout lui indique la page. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Séance de signature, UNESCO, juillet 1995.
Une signataire signe la Charte, entourée de délégués debout. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Séance de signature, UNESCO, juillet 1995.

Séances de signature de la Charte, UNESCO, juillet 1995.

Les signataires, 65 pays

59 signataires présents. Six autres pays, qui n’ont pu se déplacer, avaient déjà approuvé la Charte : Belgique, El Salvador, Ghana, Liban, Malaisie, Royaume-Uni.

Voir les 59 signataires, pays par pays
Signataires de la Charte des Arts Olympiques, 1995
PaysSignataireFonction en 1995
Afrique du SudW. A. C. Van JaarsveldConseiller de la culture au Johannesburg City Council
AlgérieSamir MehallaMusicien professionnel
AllemagneBernd SchallerChef de chœur, musicien professionnel
ArgentineCarmen Perez del VisoProductrice, responsable déléguée du programme CulturSur à l’UNESCO
AustraliePeter JonesArchitecte agréé, membre du Royal Australian Institute of Architects
AutricheAnne-Marie ZangerleMusicienne professionnelle, membre du World Philharmonic Orchestra
BolivieWalther Rico-FrontauraChargé des affaires culturelles de l’ambassade de Bolivie
BrésilMarlos NobreAncien secrétaire général du Conseil international de la musique (CIM) à l’UNESCO
CanadaAlain NonatProducteur artistique, directeur du Théâtre Lyrichoregra au Québec
ChiliOctavio Hasbun RojasVice-président du Conseil chilien de la musique
ChineHan SuyinMembre d’honneur du CIAO et porte-parole des Arts Olympiques en Chine
ColombiePablo Gabriel ObregonAmbassadeur, délégué permanent de la Colombie auprès de l’UNESCO
Corée du SudSeong Chang ChoDirecteur du centre culturel de l’ambassade de Corée
Côte d’IvoireAdépo YapoResponsable régional du Conseil international de la musique à l’UNESCO
CroatieBojan LhotkaMembre de la Philharmonie de Zagreb (Zagrebačka filharmonija)
CubaRamiro GuerraDirecteur du Centre de développement de la danse à La Havane
DanemarkPia LauridsenArtiste et responsable indépendante
ÉgypteDr Nasser El AnsaryPrésident du Centre national culturel « L’Opéra du Caire »
ÉquateurAlvaro ManzanoDirecteur de l’Orquesta Sinfónica Nacional del Ecuador
EspagneCatherine de Gil CasaresProductrice indépendante
États-UnisChristian EricksonActeur de théâtre
FinlandeKimmo PasanenDirecteur du Centre culturel finlandais à Paris
FranceJacques ProthinProducteur artistique, créateur de Concordanse
GabonLéon-Paul Onanga-AzozetDirecteur général de l’ANPAC, fonctionnaire ministériel
GrèceDemis VisvikisCompositeur, musicologue agréé
GrenadeDr Alister HughesÉcrivain et journaliste, ancien gouverneur général
Hong KongLo King-manDirecteur de la Hong Kong Academy for Performing Arts
IndeShireen IsalProductrice, chorégraphe et danseuse de grande réputation en Inde
IrakSultan AlkhatibMusicien professionnel, producteur à la radio-télévision irakienne
IranGohar-Tadj RastineArtiste indépendante
IrlandeDerry O’SullivanProducteur
IsraëlShifra Shalit-IntratorConseillère culturelle à l’ambassade d’Israël
ItalieMassimo RiposatiÉditeur, écrivain
JaponHitaumi HarigayaArtiste professionnelle (sculptrice)
JordanieNabeel KoniArtiste professionnel
KazakhstanJ. Serik SagidullinovichVice-président de la National Film Company of Kazakhstan
LituanieRuta PrusevicieneResponsable du département des relations extérieures, culture
MarocChafik BourquiaProducteur, fonctionnaire au ministère de la Culture
MauriceChooneeMinistre des Arts, de la Culture et du Développement de la jeunesse
Nouvelle-ZélandeMarie AngelinoResponsable d’associations artistiques et culturelles
OugandaPr Mbabi KatanaProfesseur d’université et représentant du gouvernement
PakistanKishwar NaheedDirectrice du Pakistan National Council of the Arts
Pays-BasAns HeyArtiste professionnelle (sculptrice)
PanamaEduardo CharpentierChef d’orchestre
PérouAlida de RibeyroAgente artistique, spécialiste des arts plastiques
PhilippinesCarmen D. PadillaDirectrice exécutive de la Commission nationale pour la culture et les arts
PologneEwa OsinskaPrésidente de l’Association des musiciens polonais
PortugalLuis de Sande FreireÉditeur, président de l’AIDEC au Portugal
RoumanieNicolae BicaChef de chœur, responsable de la musique à Brașov
RussieIgor LivantDirecteur du centre culturel « L’École de la paix » à Irkoutsk
SlovaquieJurovskaConseillère culturelle à l’ambassade de Slovaquie
Sri LankaCedric de SilvaFondateur de la George Keyt Foundation
SuèdeRagnar HakansonMusicien, chef de chœur
SuisseRichard Bächi-SchaeferDirecteur du Tonhalle-Orchester, président de l’Union européenne des orchestres symphoniques
ThaïlandePikulkaew KrairikshPrésidente du conseil d’administration du Bangkok Symphony Orchestra
Trinité-et-TobagoCecil V. RogersPrésident de l’Arts Support Alliance
TunisieFarid HaffaniProducteur, artiste
TurquieEmin Mahir BalciogluArchitecte agréé, fonctionnaire du gouvernement
VietnamNguyen Can RuyenPremier secrétaire de l’ambassade du Vietnam

La lettre de Nelson Paillou, 6 avril 1994

Nelson Paillou (1924-1997), Président du Comité national olympique et sportif français de 1982 à 1993 et Président du Congrès du Centenaire du Comité International Olympique - Paris 1994. Il écrit à Marc Verrière un an avant la signature de la Charte.

« je vous suis particulièrement reconnaissant d’avoir pris l’initiative de faire renaître les Arts Olympiques »

« j’adhère complètement à votre charte, et aux dispositions que vous prenez pour la mise en place des premiers de ces Jeux en 1995 »

— Nelson Paillou, président d’honneur du CNOSF, président du Comité d’organisation du Congrès du centenaire, lettre à Marc Verrière, 6 avril 1994

  1. Lettre de Nelson Paillou, page 1 sur 3, texte dactylographié sous l’en-tête du Congrès du centenaire du CIO. Transcription intégrale ci-dessous. (agrandir l’image, nouvel onglet)
    Lettre de Nelson Paillou à Marc Verrière, 6 avril 1994, page 1 sur 3. Archives Marc Verrière.
  2. Lettre de Nelson Paillou, page 2 sur 3, texte dactylographié. Transcription intégrale ci-dessous. (agrandir l’image, nouvel onglet)
    Lettre de Nelson Paillou à Marc Verrière, 6 avril 1994, page 2 sur 3. Archives Marc Verrière.
  3. Lettre de Nelson Paillou, page 3 sur 3, texte dactylographié, formule manuscrite et signature. Transcription intégrale ci-dessous. (agrandir l’image, nouvel onglet)
    Lettre de Nelson Paillou à Marc Verrière, 6 avril 1994, page 3 sur 3. Archives Marc Verrière.
Lire la transcription intégrale de la lettre (3 pages)

[En-tête : Le Président du Comité d’organisation — Congrès du centenaire du Comité international olympique, Paris 1994.]

Nos réf. : NP/VB./252 — Paris, le 6 avril 1994

Cher Monsieur le Président,

Combien de fois, le vieux professeur de lettres que je suis, pour avoir consacré sa vie « militante » au Sport Olympique, a été amené à faire remarquer que les « Jeux Olympiques » n’étaient qu’une facette, qu’une expression, de « l’Olympisme », philosophie humaniste qui doit sous-tendre et inspirer toutes les formes d’expression artistique. (Le sport devant bien entendu faire partie intégrante de la famille culturelle).

Autant dire que je vous suis particulièrement reconnaissant d’avoir pris l’initiative de faire renaître les Arts Olympiques.

Votre initiative s’inscrit on ne peut mieux dans les préoccupations de Pierre de Coubertin qui souhaitait que le principe de l’Universalité, auquel il était tellement attaché, soit mis au service du sport, mais aussi des autres dimensions de la Culture.

Il serait injuste de ne pas rappeler en effet que dès 1900, il a essayé de mettre à profit les aspects artistiques de l’Exposition universelle de Paris, pour la rapprocher des Jeux qui se sont déroulés à la Croix-Catelan. Il a échoué. Il n’a pas davantage réussi (en dépit de sa pugnacité) à l’occasion des Jeux de St Louis en 1904, et a rencontré une opposition farouche des Anglais pour les Jeux de Londres en 1908. Par la suite il a réussi par trois fois : en 1912 à Stockholm, en 1920 à Anvers, et en 1924 à Paris (Colombes), à faire figurer des épreuves artistiques dans le programme des Jeux.

Pour l’anecdote rappelons que Coubertin a participé lui-même, sous un nom d’emprunt (Rhode je crois ?) aux épreuves littéraires en publiant une « Ode au Sport », œuvre un peu « plate » qui n’est pas passée à la postérité, mais qui lui a permis tout de même d’obtenir la médaille d’or de la littérature aux Jeux Olympiques de Stockholm !!

Malheureusement, il n’a pas réussi à convaincre, pour permettre à son initiative de perdurer après 1924. Ses expériences n’en sont pas moins intéressantes et en tout cas significatives de ses convictions.

Il faut aussi, bien plus tard, souligner le rôle important joué par le Président du C.I.O., Juan-Antonio Samaranch, pour associer les Arts aux Jeux Olympiques.

Sans doute, le « Programme Artistique », rendu obligatoire pour les organisateurs des Jeux Olympiques, est-il extérieur aux Jeux proprement dits. Sans doute aussi ce programme ne donne pas lieu à une compétition, mais il se déroule pendant les Jeux, et dans son environnement.

Le programme artistique des J.O. d’Albertville et celui des J.O. de Barcelone ont été particulièrement riches, et d’une très grande qualité.

Les « Arts Olympiques » s’inscrivant parfaitement dans ce courant de pensées, j’adhère complètement à votre charte, et aux dispositions que vous prenez pour la mise en place des premiers de ces Jeux en 1995.

Je crois que vous avez raison d’adopter le calendrier qu’avaient imaginé les Grecs prévoyant le déroulement des Arts Olympiques la troisième année de chaque olympiade sportive.

Même si je regrette un peu que Sport et Art ne soient pas associés dans la même manifestation, il faut tenir compte des échecs passés. D’ailleurs le « gigantisme » des Jeux Olympiques sportifs actuels (qui exigent un village de 15 000 personnes) rend inimaginable d’y adjoindre des Jeux Artistiques proprement dits, ne serait-ce que pour des raisons matérielles et de sécurité.

Mais il ne faut pas oublier, comme vous le soulignez, que « l’Art et le Sport étaient indissociables dans l’Éducation et la vie des Grecs ». La dichotomie des deux manifestations n’était donc pas grave. L’environnement culturel est bien différent aujourd’hui. Il convient, me semble-t-il, d’être plus vigilant si on ne veut pas que la séparation « matérielle » des deux manifestations n’ait pour conséquence que les publics ne les rattachent pas au même idéal, au même objectif.

Il ne faudrait pas que vos structures renforcent cette césure.

Pour limiter cette séparation il me semble qu’il faut concerner les responsables de l’Olympisme sportif dans votre organisation ne serait-ce que pour les impliquer. Je suis étonné par exemple que le Président du C.I.O. Juan-Antonio Samaranch ne figure pas parmi les membres d’honneur de votre organisation. Au plan de la symbolique je crois qu’il n’est pas bon que les Jeux Olympiques soient absents de vos structures. Il pourrait peut-être aussi être envisagé une représentation des Comités Olympiques Nationaux (de préférence leur Président) dans les Comités Nationaux des Arts Olympiques.

De meilleures solutions peuvent sans doute être trouvées. Ce qui me paraît essentiel c’est que votre magnifique création autorise réellement de prouver que l’Homme dispose d’une palette riche de moyens à sa disposition pour réaliser ses virtualités et que toutes ces facettes (qu’elles soient artistiques ou sportives) concourent à défendre la philosophie olympique humaniste.

Je suis sûr que c’est pour vous une lapalissade, mais il me semble bon que les structures mises en place le prouvent.

Excusez-moi de vous avoir trop longuement fait part de mes réactions, mais c’est sans doute en raison du grand intérêt que je porte à votre très beau challenge.

Avec mes sentiments cordialement dévoués

Nelson PAILLOU
Président d’Honneur du CNOSF
Président du Comité d’Organisation du Congrès du Centenaire

P.S. : Vous avez raison aussi, je crois, de rétablir la compétition. Car, même si vous attribuez trois médailles d’or (au lieu d’une en or, une en argent, et une en bronze) il s’agira bien pour le jury de désigner les 3 meilleurs au lieu du « meilleur », parmi les nombreux concurrents, et donc de consacrer une compétition par des récompenses. Et c’est bien ainsi car il est injuste de donner à « compétition » une connotation péjorative pour peu que chacun respecte authentiquement l’autre et reconnaisse aussi la qualité de l’autre. À noter qu’il y aura aussi des sélections nationales. Autant dire qu’il n’est pas grave de reconnaître qu’il existe des « meilleurs » en art, comme en sport.

Le mot de Niki de Saint Phalle, 1995

En 1995, au moment de la signature de la Charte, l’artiste Niki de Saint Phalle adresse à Marc Verrière un mot manuscrit, orné de l’un de ses dessins, pour le remercier de l’invitation à rejoindre les Arts Olympiques.

Carte manuscrite de Niki de Saint Phalle, ornée de son dessin en couleurs d’un personnage aux bras levés, couronné d’un soleil, sur une île entourée d’eau. Transcription ci-dessous. (agrandir l’image, nouvel onglet)
Carte de Niki de Saint Phalle à Marc Verrière, 1995. Archives Marc Verrière.

« Cher Marc Verrière,
merci pour votre invitation de faire partie des Olympic Arts.

Amicalement,
Niki de Saint Phalle »

La presse de l’époque

La création des Arts Olympiques a été relayée par de nombreux articles de presse.

Montage d’une vingtaine de coupures de presse en français, italien, espagnol, allemand, polonais et arabe, avec des titres comme « Marc Verrière lance les olympiades des arts » et « Olimpiadi dell’arte, 80 nazioni in gara ». (agrandir l’image, nouvel onglet)
Coupures de presse consacrées aux Arts Olympiques. Archives Marc Verrière.

Sources

  1. Liste des signataires, 1995, archives Marc Verrière.
  2. Lettre de Nelson Paillou à Marc Verrière, 6 avril 1994, archives Marc Verrière.
  3. Coupures de presse, 1994-1998, archives Marc Verrière.
  4. Biographie de Nelson Paillou : Wikipédia  (site externe, nouvel onglet) et Olympedia (en anglais)  (site externe, nouvel onglet).